Le poids de la dette dans le monde en développement

Entre 2000 et 2008, le ratio du service de la dette publique et de la dette garantie par l’État sur les exportations a été ramené de 12,5 % à 3,4 % dans les régions en développement. Étant donné que le seuil de viabilité de la dette établi par le FMI et la Banque mondiale correspond à un ratio service de la dette/exportations compris entre 15 % et 25 %, l’évolution enregistrée entre 2000 et 2008 témoignait d’une tendance à la croissance durable de l’économie.

En 2009, la crise économique est venue mettre à mal ce ratio : les recettes d’exportation des pays en développement ont chuté de 17,6 % alors que le service de la dette publique s’est maintenu quasiment au même niveau qu’en 2008. Mais en 2010, les recettes d’exportation ont rebondi de 23,4 % par rapport à 2009, le service de la dette publique restant inchangé. Le ratio moyen du service de la dette publique sur les exportations a ainsi renoué avec sa tendance à la baisse.

Ce ratio est un indicateur important, puisque le poids de la dette extérieure influe sur la solvabilité d’un pays et sur sa vulnérabilité aux chocs économiques. Il sert aussi à mesurer les progrès accomplis dans la réalisation du huitième objectif du Millénaire pour le développement, qui vise à mettre en place un « partenariat mondial pour le développement ».

Réduire le ratio du service de la dette sur les exportations, pour une croissance économique durable

Le maintien d’un faible ratio service de la dette/exportations est très bénéfique pour la croissance économique d’un pays. En effet, le service de la dette extérieure (généralement libellée dans des monnaies fortes) nécessite des devises. Celles-ci proviennent essentiellement des exportations (et aussi, dans plusieurs pays, des envois de fonds des migrants et du tourisme, surtout dans certains petits États insulaires en développement). Plus son service de la dette est lourd, plus un pays doit engranger des recettes via ses exportations (tourisme, notamment) pour pouvoir le rembourser.

Une meilleure gestion de la dette, l’expansion du commerce et, pour les pays les plus pauvres, un important allégement de la dette, ont atténué ce fardeau.

Allégement de la dette : quels effets ?

Quarante pays ont droit à un allégement de leur dette au titre de l’Initiative pour les pays pauvres très endettés (PPTE). Ce dispositif leur permet de réduire leur dette extérieure totale et d’améliorer le ratio service de la dette/exportations. Couplée à des réformes économiques, à des conditions extérieures favorables et au relèvement de l’aide, la restructuration ou l’annulation de la dette a contribué au recul de l’endettement dans plusieurs régions, et tout particulièrement en Afrique subsaharienne.

Zoom sur l’Afrique subsaharienne

En 2010, le ratio dette extérieure/exportations de l’Afrique subsaharienne a diminué de 12 points de pourcentage, et la part de la dette dans le revenu national brut de 1,6 point par rapport à 2009. C’est principalement grâce à l’annulation massive d’une partie de la dette dans le cadre de l’Initiative PPTE et de l’Initiative d’allégement de la dette multilatérale (IADM). En 2010, quatre pays de plus (République démocratique du Congo, République du Congo, Libéria et Togo) ont atteint le point d’achèvement de l’Initiative PPTE. À ce jour, 26 pays d’Afrique sur 33 bénéficient ainsi d’un allégement via ces deux dispositifs.

En 2010, les pays de la région ont également restructuré une dette de 13,2 milliards de dollars due au Club de Paris, dont 9 milliards de dollars ont été annulés.

Pour obtenir les chiffres relatifs au ratio service de la dette/exportations, voir les données de la Banque mondiale en libre accès. Pour plus d’informations sur les initiatives d’allégement de la dette, consulter le site web de l’Initiative PPTE renforcée : The Enhanced Heavily Indebted Poor Countries Initiative.

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